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En France, les années 80 sont une période désastreuse. La culture massmédia deale sa dope musicale frelatée à la jeunesse du pays sous forme de David & Jonathan, Indochine, Début de soirée, Jeanne Mas ou Stéphanie de Monaco. Les bases pour des années 90 et 00 bien pourries étaient plantées. De l’autre côté de la Manche, la résistance s’organise et le monde s’apprête à découvrir Madchester.

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Les années 80 UK furent marquées par la sévérité sociale de l’inflexible Margaret Thatcher. Les punks ont craché sur la reine mais commencent à manquer de salive. Du côté de Manchester, de la grisaille va émerger une scène musicale portée par le label Factory.
Factory est d’abord la boîte new-yorkaise propriété d’Andy Warhol où se bouscule tout le milieu arty de l’époque (Bowie, Lou Reed, Basquiat, Nico, Jim Morrison…). En 1978, et en hommage, sont organisées des soirées mancunéenes sous ce nom. Les fondateurs Tony Wilson et Alan Erasmus, moins artistes que Warhol, rassemblent plusieurs groupes locaux ayant joué lors de ces soirées sous le label Factory : A Certain Ratio, OMD, Joy Division… La folie Madchester est lancée.

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En mai 1982, une usine textile de Manchester est transformée en nightclub par l’impulsion du label Factory et de New Order, naît sur les cendres de Joy Division (Ian Curtis, le chanteur, s’étant suicidé). Après une période où le vide se bat avec la solitude au coeur de la piste, The Haçienda (FAC 51) va devenir le centre festif de l’angleterre. Vont alors converger jeunesse, acid house et ecstasy créant la culture house, par extension les raves et les origines de la culture club voire de la techno.

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New Order, The Stone Roses, The Charlatans, 808 State, Inspiral Carpets, Primal Scream ou les Happy Mondays font la popularité de Madchester en mélangeant rock et house. Ces groupes jouent à The Haçienda et participent à la renommée du club. En 1987, Laurent Garnier sous le nom de DJ Pedro y est dj acid house résident. Musique, drogues et extravagance révolutionnent Manchester.
Et comme pour toutes les grosses fêtes, la gueule de bois est sévère. La jeunesse s’amuse sous la répression policière d’une Thatcher peu encline aux délires psychédéliques de la house music. The Haçienda vit sur sa légende pendant de nombreuses années et finit par clore ses portes en 1997.

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L’on pensait Madchester englouti dans ce qui reste de mémoire aux extasiés de l’époque et à de sporadiques relents post festifs comme le très bon 24 Hour Party People de Michael Winterbottom ou l’excellent Control d’Anton Corbijn. Sous l’inspiration du parfait Damon Albarn qui rappelle le déjanté Shaun Ryder (Happy Mondays) pour chanter sur DARE de Gorillaz. Pour les plus jeunes sous forme de groupes inspirés par cette période comme peuvent l’être Arctic Monkeys ou Kasabian. Ou plus étonnant, en apparition quasi-improbable comme celle de la chanteuse Rowetta (Happy Mondays) à l’émission américaine X-Factor.

Et l’on apprend que Peter Hook (bassiste de New Order) ouvre un club-salle de concert, le FAC 251 (à l’origine le nom du siège social de Factory) - The Factory à Manchester. Ben Kelly qui avait réalisé la décoration intérieure de The Haçienda s’est vu confier la même tâche. On retrouve également des acteurs du Madchester derrière les platines : Mani (Stone Roses et Primal Scream), Shaun Ryders (Happy Mondays) ou Clint Boon (Inspiral Carpets).

Le 5 février, pour la soirée d’ouverture Peter Hooks et un supergroupe d’un soir The Light formé par Mani (Stone Roses et Primal Scream), Rowetta (Happy Mondays), Howard Marks et Gary Briggs (Haven) sont montés sur scène avec le répertoire de Joy Division, New Order, Monaco et Freebass (groupe composé de Andy Rourke des Smiths, Peter Hooks de New Order, Mani des Stone Roses et Gary Briggs de Haven).

En espérant que Peter Hooks est gardé en tête cette phrase de Tony Wilson prononcée alors que sa gestion merdique noie le label Factory et The Haçienda : “J’ai l’habitude de dire que certaines personnes font de l’argent et d’autres font l’Histoire. Ce qui est très drôle jusqu’à ce que tu découvres que tu ne peux plus te maintenir en vie.

Plus d’infos sur le FAC 251.